Jean-Luc ISSLER (1988)

janvier 10, 2017 dans Parcours d'ESEO par Danièle PANHELLEUX

 

  Jean-Luc Issler (D’Arsonval, 1988)

Toujours en mouvement est l’avenir !

Carrière :

Embauché au Centre National d’Etudes Spatiales à Toulouse en 1990, après une spécialisation d’un an en techniques de transmissions spatiales puis le service national scientifique du contingent. Mes premières années au CNES furent consacrées aux moyens de radionavigation de l’avion spatial Hermès. Après l’abondons de ce projet, je me consacrai  à l’étude, spécification et approvisionnement du premier récepteur GPS spatial français (qui a donné lieu à un emport sur plus de 100 satellites) et à la définition des émetteurs/récepteurs du Complément Européen à GPS, le prototype du système de navigation régional Européen EGNOS. Mon chef était André Ribes (ESEO 1966), dont la compétence technique et la rigueur furent formatrices et décisives.

Après avoir créé le laboratoire de RadioNavigation du CNES, je fus nommé chef du département RadioNavigation en 1996 : en route pour de nouvelles aventures spatiales, avec le début de la définition de signaux de navigation par satellite, jusqu’à ceux de GALILEO avec notamment 2 collègues du CNES.

Je fus nommé chef du service Techniques de Transmission et de Traitement du Signal début 2004, dans le domaine de l’interface-air des télécommunications spatiales, des nouvelles télémesures et télécommandes des satellites, de la radionavigation et de la propagation des signaux entre la terre et l’espace. La même année, je reçus le prix de l’Astronautique de l’Association Aéronautique et Astronautique de France. Les « faits d’armes » de ce service furent par exemple une expérience de lien radiofréquence métrologique pour satellites volant en formation, l’intégration jusqu’aux premières opérations du lien inter-satellite entre la sonde spatiale ROSETTA et l’atterrisseur PHILAE qui s’est posé sur la comète « Tchourioumov-Guerassimenko », le perfectionnement des récepteurs GNSS orbitaux et des équipements de transmission spatiale, et la normalisation de modèles de propagation spatiale à l’Union Internationale de Télécommunications.

J’ai eu l’honneur de me voir décerné le prix Science et Ingénierie Aéronautique et Spatiale par l’Académie des Sciences en 2008, et fut nommé l’année suivante chef d’un nouveau service, « Instrumentation, Télémesure & télécommande et Propagation », avec moins de radionavigation et plus de surveillance du spectre et de télémesure et télécommande. Nous y avons notamment standardisé au niveau mondial la télémesure spatiale réutilisant le format DVB-S2 issu des télécommunications, et réalisé des transmissions spatiales optiques par laser entre un satellite japonais et une station sol optique de l’Observatoire de la Cote d’Azur, où j’avais réalisé mon stage de deuxième année d’ingénieur ESEO il y a près de 30 ans ! Il s’agissait aussi de manager des équipes approvisionnant et recettant en orbite des équipements de transmission pour satellite, on ne peut plus critiques pour les missions spatiales, et toujours de préparer l’avenir avec des nouvelles générations d’équipements radiofréquence spatiaux tant pour les nanosatellites, les microsatellites et les gros satellites d’observation, que pour des nouveaux modèles de propagation toujours plus performants.

Ce volet m’a valu d’être désigné en 2010 parmi les « 1000 chercheurs qui parlent d’avenir ».

A partir de début 2017, je serai à la sous-direction RadioFréquence du CNES en charge des coopérations techniques internationales, de la veille technique, de la normalisation en techniques spatiales radiofréquences et de nombreux dossiers techniques ! L’aventure spatiale continue !

  • Ce que vous aimez dans votre job

Le coté pionnier, l’interdisciplinarité, le management de collègues à forte technicité, la participation aux orientations techniques de l’entreprise, l’aventure humaine et le dialogue permanant, les lancements à Kourou, … 

  • Pourquoi ce choix

L’aventure spatiale m’a toujours passionné. Les techniques, technologies, l’état d’esprit enseignés à l’ESEO mais aussi les « clubs étudiants » permettent d’accéder à de nombreux domaines de pointe comme le spatial à l’état « d’aventure ». Le Club Aérospatial de l’Ouest (CAO) de l’ESEO,  que j’ai fondé,  et le « tour de France spatial » du   « Prix des 25 ans du CNES » pendant la deuxième année d’ingénieur, m’ont définitivement convaincu !

Avez-vous quelque chose à dire aux jeunes ingénieurs, aux étudiants ESEO

  • Travaillez dur pour réussir vos études ; votre bonheur devrait s’améliorer !
  • Pensez avant tout à votre bonheur personnel ; les satisfactions professionnelles en seront facilitées.
  • Respectez sans cesse vos collègues, leurs attributions et votre entreprise ; partagez vraiment les informations non confidentielles ; travaillez en équipe ; soyez ouvert au monde ; gardez une certaine humilité ; recherchez sans cesse pour des produits le meilleur rapport qualité/prix avec un risque raisonnable ; sachez trouver l’information plutôt que de retravailler à ce qui existe déjà ; innovez ; profitez de l’expérience de vos échecs ; prenez du recul et soyez positifs  : vous aiderez ainsi votre entreprise et vous-même à s’épanouir.
  • L’ESEO est une chance !

Souvenirs de l’ESEO, du BDE, des clubs…. 

- La vie à l’ESEO fut riche ! Des amitiés vraies et  durables,  le Breihz BDE (le plus beau !),  le club radioamateur, les nuits du club astronomie, les lancements de fusées au Lac de Maine avec le CAO, et plus récemment la satisfaction de voir des étudiants ESEO gagner le concours annuel du CNES pour faire voler des expériences en impesanteur dans l’Airbus 0 G (à refaire !)

 

François Cadeau (1993)

décembre 15, 2016 dans Parcours d'ESEO par Danièle PANHELLEUX

francois-cadeau_2· Carrière
J’ai fondé, quasiment dès la sortie de l’école, l’entreprise LogoSapience, société de création de logiciel. Après plus de 10 ans en mode projet, notre bureau d’étude s’est transformé en 2015 en entreprise d’édition de logiciels. Nous ne fabriquons plus de logiciels « à façon » mais proposons une solution logicielle de logistique d’information.
L’entreprise est devenue leader sur le marché des EdTech grâce à sa solution Wizzbe. Wizzbe est mise en œuvre dans le cadre du plan numérique : elle facilite notamment la distribution des manuels scolaires numériques et permet une véritable interactivité entre formés et formateurs.
La technologie est aujourd’hui déclinée pour le marché des entreprises : en effet, la « logistique documentaire » proposée par LogoSapience est tout à fait complémentaire aux plateformes de gestion déjà mises existantes, et elle apporte une nouvelle vision de la diffusion de contenus.
Je suis également, depuis peu, président de France COMTECH. France COMTECH rassemble des fondateurs de startup pour réfléchir aux pratiques de partage, d’échange et de coopération. France COMTECH apporte une nouvelle approche du développement par les communautés.

· Ce que vous aimez dans votre job
Le métier d’entrepreneur est idéal pour ceux qui veulent évoluer dans un double cadre technique et commercial. Je trouve en effet particulièrement intéressant de structurer la démarche de création d’innovation technologique directement sur la proposition de valeur aux utilisateurs et aux acheteurs.

· Ce qui m’a été utile pendant l’ESEO
Toujours garder un esprit critique sur les informations et connaissances que l’on nous apporte : ce ne sont pas elles seules qui nous font avancer, mais bien l’usage que l’on en fait et les objectifs de progrès que l’on se donne.
J’ai également été président du Bureau des élèves, et cela est un très bon moyen pour prendre du recul…

Augustin Peigné (2013)

décembre 8, 2016 dans Parcours d'ESEO par Danièle PANHELLEUX

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  • Carrière

Mon début de vie professionnelle est un peu atypique. Entre les stages et un premier poste de back-office sur SAP (Accenture pour Total), j’ai eu deux expériences de volontariat qui pour l’instant résument un peu l’orientation que je souhaite pour mon avenir. J'ai d'abord servi un an dans la Marine Nationale comme Officier de Navigation sur un bâtiment de 25 personnes, et aujourd’hui – très différent – je suis professeur de technologie en lycée à l’autre bout du monde pour une association humanitaire (Fidesco), dans une mission de deux ans que je fais avec mon épouse, diplômée ESEO également. 

  • Ce que vous aimez dans votre job

La mission humanitaire (comme le service militaire avant) m’offre un contact humain que j’affectionne et qui m’a souvent manqué dans d’autres postes. Au-delà de l’aspect technique, l’important pour moi est de réussir à augmenter l’interaction entre les parties prenantes pour que tout le projet aille de l’avant. 

  • Pourquoi ce choix

Le choix – l’appel – de la mission a d’abord été une décision de couple, et l’association nous a bien aidés. Nous avions envie de donner plus de nous-mêmes à ceux qui en ont besoin, mettre notre temps et notre énergie au service des plus pauvres.

  • Avez-vous quelque chose à dire aux jeunes ingénieurs, aux étudiants ESEO

Je pense que la communication et le rapport aux autres est le fondement d’une entreprise et ne devrait jamais passer après la réussite économique. Dans la plupart des cas, la réussite économique découle d’une entreprise dont les membres sont soudés ! L’aspect technique est important mais il peut parfois enfermer dans une relation employé-ordinateur qui exclue les collègues, l’entreprise et le reste du monde… osez la rencontre !

  • Souvenirs de l’ESEO, du BDE, des clubs….

J’ai beaucoup aimé ces deux années au BDS puis au BDE mais elles ne résument pas 5 ans de rires, de fêtes, d’animations, de réunions (secrètes), de matchs gagnés et perdus, de blessures, de « t’as répondu quoi à la question 5 ? » et d’encore plus de moments passés à créer des amitiés fortes !

Juliette du Hamel (2014)

décembre 8, 2016 dans Parcours d'ESEO par Danièle PANHELLEUX

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Juliette du Hamel (ESEO 2014) aujourd’hui Juliette Peigné

  • Carrière

J’ai terminé mes études en contrat pro chez Eurogiciel. A la fin du contrat pro j’ai poursuivi avec un CDI et quelques responsabilités de gestion de projet et de scrum master. J’ai ensuite fait le choix de m’engager en Volontariat de Solidarité Internationale pour deux ans avec mon mari. L’association Fidesco nous a envoyé au Timor Oriental où je suis professeur d’anglais en collège et lycée.

  •  Ce que vous aimez dans votre job

Plus on se donne, plus on reçoit ! Faire le choix exigeant de quitter son confort, sa famille, ses amis, son travail… n’est pas facile mais cela en vaut la peine. Chaque journée m’apporte quelque chose de nouveau. J’ai découvert une nouvelle culture, une nouvelle forme de pauvreté mais aussi à quel point il suffit de peu pour répandre la joie autour de soi.

  •  Pourquoi ce choix

Si j’ai choisi d’offrir deux années de ma vie à l’aide humanitaire c’est parce que c’est une façon de donner un sens à toutes les années qui suivront. Je pense qu’il est important de remplir sa vie personnelle d’une belle façon, ça ne pourra que porter des fruits dans ma vie future (personnelle ou professionnelle). D’autre part, nous sommes partis à deux et c’est une expérience vraiment structurante pour notre couple.

  • Avez-vous quelque chose à dire aux jeunes ingénieurs, aux étudiants ESEO

N’ayez pas peur de poser vos choix et d’aller au bout de vos projets. Si vous êtes épanouis dans votre vie personnelle, la vie professionnelle suivra… Ce n’est pas forcément vrai dans l’autre sens !

  • Souvenirs de l’ESEO, du BDE, des clubs….

Après 5 années les souvenirs sont nombreux… Le déménagement de l’école, les cours en amphi, les campagnes BDE, les JPO, les soirées et WEI, les DS en Fermi-Dirac, le voyage à Prague, les amitiés, les profs, les personnes de l’administration, M. Charruault…

Philippe Grenet (ESEO 1983)

décembre 1, 2016 dans Parcours d'ESEO par Danièle PANHELLEUX

grent_jphJean-Philippe Grenet (ESEO 1986)

Je suis avant tout un opérationnel du terrain qui aime relever des challenges et remettre sur des rails des business ou organisations qui sont en perte de vitesse.

· Carrière
J’ai démarré ma carrière en Octobre 1987 chez Hewlett-Packard France en tant qu’ingénieur support. Je faisais partie de cette première fournée d’ingénieurs pour ce job alors qu’auparavant, HP recrutait des BAC+2. Je voulais absolument rejoindre une grande multinationale Américaine. Très vite, je me suis passionné pour les réseaux et suis devenu une espèce de gourou dans mon district ! Je partais avec mon oscilo et mon testeur de lignes chez tous nos clients qui avaient des problèmes de connexion. Cette spécialisation m’a permis de prendre le poste de responsable opération télécom pour HP France au sein de l’IT au bout de 2 ans et demi.

Très vite, j’ai été repéré pour devenir manager et en suis devenu un en 1990. De là, et après avoir initié plusieurs gros projets télécom (X.400, TCP-IP, Serveur Unix de groupe et Station X) j’ai été promu Responsable de Groupe en charge du Helpdesk et de l’ensemble de l’infrastructure PC et station de travail pour HP France.

En 1994, je suis "chassé" et décide de rejoindre une toute petite entreprise spécialisée dans les répondeurs vocaux interactifs en tant que Directeur Technique. Ces quatre années ont été extraordinaires du point de vue apprentissage du métier de « Leader », et surtout de prise de risque dans un environnement à faible budget. Malheureusement la société a périclité et j’ai décidé de rejoindre Microsoft en Mars 1998.

C’est chez Microsoft que ma carrière s'est réellement accélérée, j’ai enchainé durant les premières années plusieurs rôles de Group Manager pour être promu en 2003 directeur du support Grand Public pour EMEA. Très vite, je me suis fait une réputation de fournisseur de résultats. En 5 ans avec ma petite équipe de 50 personnes, nous avons consolidé l’ensemble du support technique sur tout EMEA, de plus de 70 sous-traitants à moins de 15. J’ai accumulé plus de 1.500.000 miles !

En 2008, on m’a proposé de reprendre le support technique pour les Grands Comptes, à l’époque où l’ « offshoring » battait son plein. J’ai ainsi « délocalisé » le support pour l’Angleterre, la France et l’Allemagne respectivement en Inde et en Roumanie. Cette transition a permis à Microsoft de réinvestir dans d’autres domaines et au final, nous avons créé plus de 2000 emplois en EMEA. En 2011, durant ma revue de performance, mon boss me dit que mon nom a été mentionné lors d’une « People Review » comme candidat potentiel pour partir au Japon afin d’y remettre de l’ordre. Le soir même, nous nous sommes décidé de partir en quinze minutes ma femme et moi !
Et de janvier 2012 à avril 2016, j'ai passé quatre ans à Tokyo, au début en tant que responsable du support pour les clients Japonais puis au bout de deux ans en tant que directeur général des services pour le Japon. C’est sur ce dernier job que j’ai appris à gérer un revenu et à me battre pour refaire décoller la machine qui perdait de l’argent tous les mois.

Enfin et depuis avril 2016, je suis basé à Redmond, au siège de Microsoft et je suis en train de construire une nouvelle organisation globale de soutien des commerciaux, TAMs, Consultants et Project managers dans leur quotidien afin de leur redonner du temps pour le passer avec nos clients.

· Ce que vous aimez dans votre job
Mon job comporte plusieurs volets et chacun d’entre eux est intéressant :
· Tout d’abord l’aspect global : j’interviens sur l’ensemble des filiales de Microsoft dans le monde
· Ensuite, il s’agit d’une création donc je peux décider de comment je vais structurer l’organisation
· La diversité des missions : ce job comporte une dimension pure opérationnelle pour laquelle l’optimisation est l’élément clef, une dimension développement de business et de génération de nouveaux flux de revenus et enfin une dimension de lobbying nécessaire pour atteindre mes objectifs.

· Pourquoi ce choix
Tout d’abord parce que prendre un job Corp est en quelque sorte obligatoire chez MS pour continuer à progresser. Ensuite parce que j’y apprends de nouvelles compétences et augmente mon réseau professionnel. Et enfin parce que j’ai la plupart des compétences et expériences afin de pouvoir réussir dans ce job.

· Avez-vous quelque chose à dire aux jeunes ingénieurs, aux étudiants ESEO
Tout d’abord, bien apprendre l’anglais ! c’est indispensable. Plus si possible : le Chinois, l’Espagnol, … Ensuite développer son réseau ; Il faut commencer à le construire dès ses études : je ne dis pas envoyer des demandes de connexions sur LinkedIn à tout ce qui bouge, mais réellement aller à la rencontre des gens, leur parler, échanger, apprendre d’eux. Enfin, apprendre à faire des présentations, à parler en public, à faire de jolis slides sans trop de texte, savoir faire des résumés succincts (ce qu’on appelle les Exec Summary).

· Souvenirs de l’ESEO, du BDE, des clubs….
Les soirées de l’ESEO ! J’étais en charge de la logistique (décoration, amélioration, optimisation de l’espace, …). En particulier, j’avais fait des escaliers afin de pouvoir passer d’une salle à l’autre sans passer par les portes mais à travers les fenêtres, organiser un gigantesque lâcher de ballons du plafond, … Et les longues nuits de nettoyages après la fête avec les copains !
Le TP sur l’expérience de Millikan où il fallait retrouver la masse de l’électron ! Pauvre Millikan, je suis sûr qu’il se retourne encore dans sa tombe !

Philippe Ménard (1983)

novembre 4, 2016 dans Parcours d'ESEO par Danièle PANHELLEUX

ph_menard2Directeur Opérationnel de la Cité de l’Objet Connecté à St Sylvain d'Anjou
Ingénieur électronicien, Philippe Ménard débute sa carrière en tant qu’ingénieur test au sein du groupe Motorola. Il occupe les postes de Test Manager, de Chef de Projet et de Responsable de Business Unit de 1985 à 2008 chez Motorola puis chez Continental. De 2008 à 2014 il occupe les fonctions de responsable de la Business Unit microélectronique au sein de la filiale Eolane Angers faisant partie du groupe Eolane. Depuis 2014, il a pris en charge la création et le déploiement de la Cité de l’Objet Connecté dont il est le Directeur Opérationnel depuis le 1er Février 2015.

"J’ai 56 ans, je suis né dans les Deux-Sèvres et j’ai effectué mes études à l’ESEO de 1978 à 1983. Je suis passionné par tout ce qui vole ULM, avions, planeurs, drones. Après mes études j’ai eu la chance d’effectuer un service civil en coopération en Côte d’Ivoire puis j’ai débuté ma carrière en tant qu’ingénieur électronicien chez Motorola électronique automobile à Angers. Lors de mon parcours chez Motorola j’ai été amené à vivre aux USA une première fois au Texas puis à Chicago dans la région des grands lacs. Par la suite, j’ai souhaité élargir mes compétences et m’orienter vers une activité Business (économie, commerce et finance) en prenant la responsabilité d’un Centre de profit au sein de Motorola puis chez Eolane qui a repris l’usine Motorola d’Angers ainsi qu’une activité de produits électroniques automobile. Lorsque j’ai rejoint Eolane en tant que Manager de cette BU, j’ai poursuivi mon activité dans les domaines de l’automobile, de l’énergie solaire, du militaire et dans le médical.

Depuis 2014, je travaille à la Cité de l’Objet Connecté en tant que Directeur. J’assure des missions classiques de représentation, j’assiste à des salons et à des séminaires afin d’expliquer en quoi consiste ce nouveau modèle d’accélérateur industriel et d’en assurer le développement. Je suis aussi en charge de la gestion opérationnelle de l’entreprise, du pilotage de l’équipe, de la gestion des coûts, de la communication.

La Cité de l’objet connecté est une usine d’un nouveau genre qui répond aux besoins de rapidité de développement des entreprises innovantes. Sa grande nouveauté est de concentrer l’ensemble des équipements et des compétences nécessaires à la conception de ces produits « intelligents » en matière d’électronique (Hardware et Software), de plasturgie, de mécanique et de design et de les rendre accessibles à tout porteur ayant un projet Objet Connecté. Grâce à cette concentration de savoir-faire et de technologie uniques et à l’accompagnement proposé, un porteur de projet doit parvenir, rapidement, à transformer sa bonne idée en un objet prêt à être produit en série."

Dorian Jaminais (2012)

novembre 4, 2016 dans Parcours d'ESEO par Danièle PANHELLEUX

Production Engineer @ Facebook

dorian-jaminaisCarrière
Après l'ESEO je suis allé faire un double-diplôme à la Universidad de Belgrano à Buenos Aires en Argentine car je voulais apprendre l'espagnol et découvrir l'Amérique latine.
Après avoir échoué à trouver un stage dans la Silicon Valley (Google, Mozilla, Arista) je suis rentré en France. J'ai regardé un peu les SSII tel que Sopra mais en discutant avec mes camarades de promotion et avec des recruteurs il m'a paru évident que je ne pourrais pas m'y épanouir. J'ai donc cherché des start-up pour faire mes armes et ai découvert Perfect Memory. Ils recherchaient un CDI, pas un stagiaire. La fiche de poste n'était pas vraiment ce que je voulais faire mais j'y voyais suffisamment de flexibilité pour apprendre ce qui m'intéressait. J'ai postulé et ai donc effectué mon stage chez Perfect Memory à Compiègne tout en continuant à développer mon réseau et mon profil LinkedIn.
À la fin de mon stage, j'ai eu la chance d'être contacté par Facebook pour un poste en Californie, j'ai passé les différents entretiens et ai été embauché d'abord pour un poste à Dublin, en attendant d'obtenir un visa pour les USA. J'ai été transféré au siège à Menlo Park dans la Silicon Valley il y a un peu plus d'un an.
Cela fait maintenant 3 ans que je suis à Facebook, j'ai travaillé sur des projets très divers tels que la copie de données entre datacenters, l'automatisation d'ajout de serveurs, ou encore l'amélioration du logiciel anonymisation de données.

Ce que vous aimez dans votre job
1- L'expertise et l'éthique professionnelle de mes collègues. J'ai la chance de travailler et d'apprendre avec les meilleurs experts de domaines divers et variés.
2- La méthode de management de Facebook, clairement définie par des règles explicites et transparentes. Cela permet un environnent de travail positif ou la confiance est acquise et où les gens n'ont pas peur d'exprimer leur opinions.
3- J'apprends chaque jour et évolue dans ma carrière. Je peux voir ma propre progression au fil du temps, y compris dans des durées très courtes telle qu'un trimestre.
4- L'impact. Mon travail touche directement 1,7 milliard de personnes tous les jours. C'est une énorme responsabilité mais aussi une chance inouïe.

Pourquoi ce choix
J'ai toujours été passionné par l'informatique et par les possibilités qu'offrent ces technologies. La Silicon Valley y étant l'épicentre, j'ai naturellement voulu la rejoindre et essayer d'apporter ma touche à des services utilisés dans le monde entier.

Avez-vous quelque chose à dire aux jeunes ingénieurs, aux étudiants ESEO
1- Profitez de toutes les opportunités que l'ESEO vous offre pour voyager : les stages, le bi-diplôme, etc.
2- Ayez confiance en vous. J'ai vu beaucoup d'ESEO refuser de postuler à des postes qu'ils aimeraient avoir par peur de ne pas avoir le niveau. Essayez, l'entreprise décidera si vous avez le niveau ou si vous pouvez être formé.
3- Toujours privilégier la piste promettant d'apprendre le plus.

Souvenirs de l’ESEO, du BDE, des clubs…
Le BDE, la bluemoon et les assurances de la bluemoon, le Salon Angevin du Multimédia, le Voyage d'Étude en Suède (pendant l'éruption du volcan islandais).

Dorian

Jacques Le Galloudec (1979)

octobre 24, 2016 dans Parcours d'ESEO par Danièle PANHELLEUX

silhouette_serree_homme_v2DG Coremat - http://www.coremat-constructeur.fr/

J'ai atterri à Angers en 1974 suite à la visite de Daniel Bardin (ESEO 1960 et professeur à l'ESEO) au Likès (Quimper). Il avait été convaincant et surtout drôle.

Contrairement à la grande majorité des ingénieurs ESEO, je ne me voyais pas dans un service de développement, de recherche et c'est tout naturellement que je me suis orienté vers la production.

  • Ingénieur production à la SAGEM à côté de Rouen (5 ans)
  • Responsable de production à Thomson Angers puis chef de projet TV (Thomson Europe) (12 ans)
  • Directeur usine Valeo Laval (2,5 ans)
  • Directeur Industriel Draftex basé à Chartres (0,5 an)
  • Directeur Général Zebra Technologies à Varades (3 ans)

Ces différentes expériences m'ont certes beaucoup apporté, même si parfois c'était très douloureux, comme procéder à des licenciements... C'est pour cette raison par exemple que j'ai quitté Draftex au bout de 6 mois alors qu'on me demandait de licencier 700 personnes.

Mon expérience s'est forgée au cours de ces emplois en tant que salarié.
Fort de cette expérience, et mon objectif étant de construire, je me suis décidé à acheter une entreprise. En 2004, j'ai acheté l'entreprise COREMAT, leader en France dans le développement et la fabrication de machines de marquage thermoplastique et d'enfonce pieu pour glissière de sécurité, un monde fait de mécanique, hydraulique, pneumatique avec des clients du TP. Grand écart par rapport à ma formation d'ingénieur électronicien.

Au bout d'un an, j'ai acheté la license d'une entreprise en liquidation judiciaire pour des machines à faire des hosties (autre monde que les Monastères cloîtrés).

Ensuite, grâce à un client, j'ai racheté une entreprise à Carpentras que j'ai rapatriée en Anjou. Cette société vend des machines de sablage à sec et sans poussière (fabriquées par Coremat). Elle était à la dérive, aujourd'hui, elle est très présente dans le marché du nucléaire, de l'amiante, du plomb, du pétrole, ...

Puis, pour des raisons stratégiques, j'ai fait l'acquisition d'une entreprise d'électronique et d'automatisme (en association, mais en tant que gérant majoritaire). Sans cet achat, en effet, j'aurais mis en péril ma société principale qui sous-traitait toute la partie automatisme à cette entreprise.

Ces différents rachats sont aujourd'hui rentables, mais parfois ce n'est pas le cas. J'ai par exemple racheté une entreprise de fabrication de machines pour la mytiliculture à Saint-Malo et je suis en train de procéder à sa liquidation.

A vrai dire, j'ai pris plaisir à acheter des entreprises, une boulimie certes, mais probablement et sûrement une manière de prendre ma 'revanche' et de prouver qu'un fils d'ouvrier pouvait lui aussi devenir chef d'entreprises, un certain sentiment d'orgueil, je le reconnais. Je pense pouvoir dire que je me suis construit tout au long de ce parcours. Mais cela ne m'aurait pas satisfait si je n'avais pas participé à la vie locale, associative. C'est pour cette raison qu'entre autres, je suis élu adjoint dans ma ville et juge au tribunal de commerce.

Le plus merveilleux pour moi, cependant, est d'avoir aujourd'hui une petite fille qui m'apporte une joie et un bonheur énormes.

Arrivé à un âge proche de la retraite, il est important aussi de prévoir la transmission de mes entreprises, c'est une lourde responsabilité vis-à-vis des employés mais aussi des fournisseurs, des clients et ce sera avec joie que je les transmettrai à mon fils, ingénieur ESEO lui aussi.

Etudiant, j'étais plutôt joueur, certainement fêtard (fest-noz,...). Je pense que je croquais déjà la vie. Si j'avais UN conseil à donner, si je puis me permettre, c'est "vivre", la vie est trop courte pour ne pas en profiter.

Je tenais, et je le pense, à dire merci à l'ESEO qui m'a permis d'avoir mon diplôme et donc d'ouvrir la première porte qui a eu toute son importance pour la suite de ma propre carrière.

Mélanie Jarnoux (2014)

octobre 24, 2016 dans Parcours d'ESEO par Danièle PANHELLEUX

melanie-jarnoux2The Mathworks

· Carrière
A l’issue de l’ESEO j’ai choisi de suivre une formation complémentaire en management d’unités opérationnelles marketing en alternance avec la société MathWorks (Editeur des logiciels MATLAB & Simulink). J’ai pu y découvrir les différents métiers des départements marketing et commerciaux sur différents projets.

Depuis août 2015, je suis en poste de Sales Specialist pour l’aéronautique et la région Sud-Est de la France chez MathWorks. Mon rôle comprend la qualification des nouveaux besoins et l’activité commerciale produits et services en collaboration avec une équipe dédiée.

· Ce que j'aime dans mon métier
Echanger sur de nombreux projets innovants, découvrir de nouvelles équipes, entités... pouvoir trouver une solution en adéquation avec la problématique identifiée.

· Mes choix
J’ai eu deux expériences en Bureau d’études durant mon cursus ingénieur. Celles-ci ont été riches technologiquement parlant, mais il me manquait cette composante business, relation client, qui m’a poussée à m’orienter vers une position à dominante commerciale.

· Un mot aux jeunes ingénieurs, aux étudiants ESEO
Le bagage technique est un atout mais il ne faut pas s’en contenter. La différence auprès des recruteurs se joue sur la personnalité du candidat et la capacité d’adaptation et de compréhension du milieu de l’entreprise.

· Souvenirs de l’ESEO, du BDE, des clubs….
5 ans, Paris, Angers, Shanghai, Plymouth, des centaines d’heures de cours, des milliers de lignes de codes, des rires, des sourires, des DSTs, des projets, des heures de préparation, des filtres de KALMAN, un PFE qui a engendré des DSPs, des STANAG, des meetings, de nombreuses heures de MATLAB, des bugs, des amis et même des collocs. Puis il y a eu la Blue Moon, les semaines de campagnes, les matchs de Rugby, le BDS, les Pompoms Manouches… Pas mal de souvenirs en y repensant...

Bernard BADEFORT (1978)

avril 15, 2015 dans Parcours d'ESEO par Admin AESEO

Sans titre 2

 Quel est ton parcours ?

Après être sorti de l’ESEO en 1978, j’ai intégré Thomson Angers comme ingénieur R&D, puis en 1984 la SOREP comme ingénieur ASIC, ensuite responsable d’équipe de recherche dans le monde de la démodulation numérique et du décodage de canal (corrections d’erreurs). En 1995, je créé avec quelques collègues la société Comatlas rachetée par une société américaine en 1997. Cette société américaine est elle-même rachetée par Philips en 1999. En 2004 Philips ferme son site R&D de Rennes dont je suis alors le Directeur. Avec 3 autres collègues je recréé une société Silembia spécialisée dans la fourniture de blocs d’IP (Intellectual property) dans les domaines de la démodulation numérique et du décodage canal. Silembia est revendue seulement deux années après sa création, à Silicon Labs. Depuis 1995 je suis responsable de cette même équipe R&D en France. Nous sommes une petite vingtaine avec une grande légitimité sur notre domaine d’expertise puisque les deux premiers fabricants de télévision au monde utilisent nos composants de démodulation.

N’est-il pas un peu fastidieux de toujours travailler dans le même domaine?

En ce qui me concerne, je ne m’ennuie toujours pas. Notre parcours n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Les technologies évoluent très très vite, et nos concurrents sont imaginatifs, aussi vivons-nous des remises en question fréquentes pour garder nos parts de marché, ce qui maintient l’intérêt et l’éveil et nous oblige à l’innovation.

Quelles sont les connaissances nécessaires pour travailler dans ton domaine ?

Je crois qu’il est bon d’avoir une forte culture générale en matière d’électronique, système, langage et gestion de projet. Nous transformons et créons des algorithmes de traitement du signal et aidons nos clients à incorporer les fonctions résultantes dans leurs systèmes. S’il existe une évidente spécialisation dans notre équipe, il faut néanmoins maîtriser un processus complet de développement, validation, test avec les technologies qui s’y rapportent.

Quel avenir pour ton équipe ?

Notre technologie et notre savoir-faire vont trouver de nouvelles applications dans l’IoT, Internet of Things. Les applications, donc les volumes, promettent d’être impressionnants. Si aujourd’hui on peut dire que dans notre monde occidental on dispose de plusieurs équipements multimédia par foyer qui utilisent nos composants (TV, décodeurs, box,…), nous allons dans l’IoT vers des dizaines de dispositifs par foyer. De nouveaux challenges en matière d’encombrement, d’ergonomie, de consommation sont devant nous. Les entreprises qui réussiront seront celles qui comprendront et spécifieront ces nouveaux usages. Nous sommes prêts à désigner, reste à savoir quoi ! Les choix et décisions des équipes marketing, pour nous basées aux USA, sont d’une importance capitale tant les investissements sont énormes pour fabriquer ces futures « petites choses ».

Sam GUILAUME (1990)

avril 14, 2015 dans Parcours d'ESEO par Admin AESEO

sam guilaume

Dimanche 13 Avril 1014, 9:30AM, aéroport de San-Diego, CA

La conférence téléphonique avec mes investisseurs s’annonce des plus prometteuses. Alors que chacun des membres du conseil d’administration rejoint la conférence, j’embarque dans l’avion qui me ramène à San-Francisco. Je serai de retour pour déjeuner en famille comme prévu. Je me suis éclipsé ce matin à l’aube. Il n’est que 9:30 et déjà la journée est bien remplie. Je viens de conclure les termes de la vente de la société et j’en informe mes actionnaires. “Gentlemen, B. and I just agreed on the terms of the acquisition of Movea. This is per our discussed and agreed upon conditions…”

Nous nous auto-congratulons mais déjà l’hôtesse me fait signe d’éteindre mon portable. Je profite de cette heure de vol pour retracer les moments les plus marquants depuis la création de la société et la décision, prise il y a un peu plus d’un an, de la vendre.

Après des séjours en Allemagne, Etats-Unis et France, le destin nous amène, ma femme et moi à nous installer à Grenoble en 2003. Nous arrivons d’un séjour de près de 10 ans aux Etats-Unis, principalement en Californie. Je travaille dans l’industrie du semi-conducteur et suite à un rachat hostile de la société pour laquelle je travaille, je décide de rejoindre une start-up spécialisée dans les matériaux. Celle-ci fait l’objet d’un rachat, amical celui-ci, moins de 18 mois après que je l’ai rejointe. Même si mes perspectives de carrière s’annoncent bien, je décide finalement de me jeter dans le grand bain. Je flirte avec les 40 ans et j’aspire à la création d’entreprise.

Hormis ce que ma carrière m’a apporté comme expérience (ingénieur de développement, puis plusieurs postes de management dans la R&D, la production et enfin les ventes et le marketing), je n’ai pas de formation particulière en gestion d’entreprise. Pour autant, la tentation est trop grande. Je mets donc à exécution un plan longuement souhaité mais parfaitement inconnu et imprécis.

Je me rapproche du CEA-Léti, que je connais un peu depuis que j’ai rejoint la dernière société qui m’employait. Après quelques discussions et réunions, je finis par rencontrer fin 2006, les deux chercheurs avec lesquels je vais sceller mes 8 prochaines années et qui participeront à un tournant majeur dans ma vie professionnelle et personnelle.

Lors de mon séjour aux US, j’ai pris conscience de l’excellence technologique et académique du CEA . Dans les domaines niches dans lesquels la société pour laquelle je travaillais évoluait, le CEA-Léti, de par ses publications, faisait régulièrement preuve d’ « outlier ». Les publications étaient des plus pertinentes, pour autant ces gens étaient parfaitement absents de la scène internationale. On ne les rencontrait que rarement dans les salons ou dans les conférences. Il n’y avait pas de représentation commerciale dans la Silicon Valley (près de 10 ans plus tard, cela n’a pas vraiment changé…). Il fallait vraiment chercher leur contact. Ma nationalité était, pour une fois, un plus…

La société que nous démarrons est donc une « spin-off » du CEA-Léti. Forts d’une licence exclusive sur un certain nombre de brevets portant sur la capture de mouvement, nous nous lançons dans l’aventure en Avril 2007. L’opportunité fait que nous nous portons rapidement acquéreurs d’une société aux US. Fin 2007, nous concluons l’acquisition de Gyration en même temps que notre tour de table de $10M environ. Nous héritons d’une quarantaine de salariés en Californie et sommes sur un rythme annuel de plus de $10M de chiffre d’affaires.

Nous déroulons les 3 années suivantes plus ou moins selon le Business Plan (plutôt moins que plus…) jusqu’à ma décision courant 2010 de réorienter la société sur le marché des téléphones mobiles. Son approbation par mon conseil d’administration ne se fait pas sans grincements de dents, mais pour autant cette réorientation me parait essentielle. La chose se fait au cours de l’année 2011 et se conclut par des premiers contrats commerciaux et une nouvelle augmentation de capital en Juillet 2012 à laquelle participe Intel Capital, un investisseur notoire dans notre domaine.

La société profite grandement de ce nouvel élan et rapidement nous étendons notre présence en Asie (ouverture d’un bureau à Seoul, Corée). Notre visibilité croît et la qualité de nos contacts au sein des grands groupes mondiaux s’en ressent. Une période extrêmement excitante se prépare, qui m’amène assez naturellement à envisager la cession de la société alors que celle-ci jouit d’un grand nombre d’atouts. Nos équipes ont une reconnaissance à travers toute l’industrie (nous sommes régulièrement invités à animer des conférences lors des grands événements industriels), notre portefeuille de brevets dépasse les 600 publications, nos solutions techniques font référence auprès de nos clients. Pour autant, nous souffrons d’un manque de « scalability ». Difficile pour nous en effet de croître dans cette industrie hautement compétitive. La vente s’impose donc.

J’entretiens depuis plus d’un an déjà une liste d’acquéreurs potentiels. Je ne suis pas surpris de constater que plus de 80% d’entre eux se situent dans un rayon de 10 kms autour de San-Jose, CA. La décision de revenir en Californie s’impose d’elle-même. Vérification faite en famille, auprès de mon conseil d’administration, puis de mon équipe dirigeante et nous voilà en famille dans l’avion en Septembre 2013.

L’exercice de la vente se révèle des plus intrigants. Je m’habitue (vraiment ?) au french bashing qui est légion dans le milieu industriel.  ”Why should I invest in a company based in France ?” Rapidement pourtant je développe mon argumentaire : l’excellence de l’éducation, une R&D franchement supportée par les instances publiques, des ressources fiables et stables, un grand pouvoir d’attraction (notre équipe de Grenoble compte 8 nationalités), un accès aisé à de la recherche publique… Je « pitch » la société auprès d’une trentaine d’acquéreurs potentiels, puis une vingtaine d’entre eux expriment leur intérêt de poursuivre les discussions. Nous entamons donc un « bid », le scénario que nous avions espéré. Finalement, seulement deux sociétés auront clairement fermé la porte à une acquisition éventuelle à cause de la nationalité de Movea. Cela reste quand même dur à entendre et à admettre. Les avantages cités prédomineront, en particulier la qualité des ressources (grande qualité de l’enseignement), la stabilité des ressources (le turn-over des équipes en Europe est immensément moindre que dans la Bay Area), le coût des ressources (les salaires sont moins élevés du fait d’un coût de la vie moindre : 30-40% moins élevé en province en France que dans la Bay Area et probablement environ 20% de moins à Paris, largement dû au coût du logement), les contributions gouvernementales (crédit d’impôts, subventions étatiques ou européennes…), l’accès à des technologies innovantes (proximité de centres de recherches comme le CEA-Léti, le CNRS, les universités…).

L’histoire ne serait pas complète si je n’ajoutais pas un peu du folklore français qui est venu pimenter la vente de la société. Deux évènements ont vraiment pollué les discussions, au point de sérieusement menacer le deal. Le premier est lié à la nature de notre investisseur français, une société de gestion de fonds FCPI. Alors que notre acquéreur demandait, en toute légitimité une garantie sur les actifs de la société, il a reçu une fin de non-recevoir, avec comme seule explication que le fonds en question n’était pas habilité à le faire. Surprise de ma part, puisque lors de l’acquisition de Gyration, nous avions nous-mêmes exigé ce type de garantie (mon investisseur en tête…). Surprise de la part de l’acquéreur et de notre intermédiaire bancaire pour lesquels il s’agissait d’une grande première… Le deuxième évènement fut l’invitation non sollicitée du cabinet de Montebourg dans les négociations, menaçant l’annulation du transfert de la licence dont nous jouissions (et qui bien entendu faisait partie de nos actifs) à notre acquéreur américain. Cocorico…

En conclusion, je paraphraserai volontiers l’ancien président US Georges W. BUSH, n’ayant pas compris l’origine du mot, brandissait à qui voulait l’entendre, qu’il n’existait pas d’équivalent en français du mot « entrepreneur ». La France reste dans l’imaginaire de beaucoup aux US un lieu où l’on passe de bonnes vacances, mais pas où l’on travaille. Réputation, quand tu nous tiens…

Jacques-Olivier PIEDNOIR (1980)

avril 14, 2015 dans Parcours d'ESEO par Admin AESEO

 JOPiednoir

 

L’internet des objets

JOP_1Tout le monde en parle. Il est difficile de participer à une réunion marketing dans nos entreprises du secteur de l’électronique sans entendre une dizaine de fois par heure le terme “Internet Of Things”.

Mais qu’est ce que l’internet des objets ? Quels sont les systèmes électroniques qui les composent ? Qui les concevra ? Qui les fabriquera ?

Vous avez dit IOT ?

Que dit notre ami wiki ? http://en.wikipedia.org/wiki/Internet_of_Things

L’article débute par “The Internet of Things (IoT) is the interconnection of uniquely identifiable embedded computing devices…”

L’auteur insiste sur l’interconnexion des objets, sur le réseau lui même, plus que sur les points terminaux du réseau, c’est à dire les objets. La connexion à travers internet permet de délocaliser le traitement des données sur la toile à travers des applications dédiées mais la nouveauté et les défis technologiques se situent plus au niveau des objets que du réseau. Avant d’observer de plus près ces objets, regardons les applications et le marché.

Le marché de l’internet des objets

JOP_2Le calcul et l’analyse de données ont d’abord été réservés aux supers ordinateurs (les mainframes). IBM était le champion, la France s’enorgueillissait des ordinateurs BULL. On les comptait par milliers voir centaines de milliers à leur apogée. Puis vinrent les mini-ordinateurs, les PCs, et finalement l’internet a permis de délocaliser la puissance de calcul et d’analyse. Aujourd’hui ce sont plusieurs milliards d’équipements nomades connectés : smartphone, tablettes,… qui nous permettent d’être en permanence reliés à la toile et d’interagir avec  nos applications favorites. Entre-temps les vainqueurs du secteur ont changés : IBM, BULL se concentrent maintenant sur les logiciels et les services, les vainqueurs du jour sont les marques qui remplissent les caddys de Noël et vident vos comptes en banque : Apple, Samsung. Ainsi que leurs fournisseurs de composants : Intel, Qualcomm, TSMC… Ces derniers sont moins visibles mais n’en sont pas moins profitables et florissants.

L’internet des objets n’est pas seulement une évolution de ce marché, c’est une rupture. L’internet était la première rupture qui a fait exploser le marché (l’échelle du graphique est logarithmique). L’internet des objets est la deuxième rupture. En effet, pour la première fois on ne connecte plus des humains, mais des « machines », les données ne sont plus traitées pour être « consommées » par des utilisateurs mais directement par des machines. Et devinez quoi ? Il y a beaucoup plus de machines que d’êtres humains !

Certains diront que ce n’est pas nouveau, il y a toujours eu des machines connectées à des machines. On appelle ça le M2M, « machine to machine ». Et bien oui, mais c’est la connexion de ces machines au réseau des réseaux qui déclenchera cette explosion d’usages, de même que la connexion des ordinateurs et des téléphones à internet a contribué à leurs déploiements exponentiels.

De l’internet des gadgets à l’internet des objets 

JOP_3Quelles sont ces applications rendues possibles par ces objets connectés. Les caractéristiques (consommation, coût, performances) de l’électronique équipant ces objets ont jusqu’ici limité leurs usages à des applications « non essentielles » pour des utilisateurs experts passionnés de technologies (autrement dit des « gadgets » pour des « geeks »). Les progrès de la technologie vont bouleverser ce marché de niche.  Les ingénieurs de grands groupes électroniques, les créateurs de jeunes pousses conçoivent aujourd’hui des systèmes qui permettront d’équiper à faible coût les objets de notre quotidien.

Un peu de technique

JOP_4Avant de nous interroger sur les défis technologiques des objets, regardons de plus près l’architecture de l’internet des objets.

La connexion des objets à la toile dépend du domaine d’application. En effet, une voiture peut contenir et fournir en énergie des objets pouvant communiquer directement avec les nœuds du réseau, alors que les objets situés dans nos vêtements ou dans notre corps (wearable) nécessiteront des points d’agrégation de données avant transmission. Une montre, communiquant des données biologiques au Smartphone, illustre bien ce mode de connexion. Le coût de communication et la consommation en énergie requièrent de nouveaux types de réseaux : on ne peut pas envisager une carte SIM et un abonnement 3G pour chaque compteur d’eau. Une startup de Sophia-Antipolis (Gridbee) développe des compteurs intelligents qui communiqueront entre eux (réseau « mesh » reliant votre compteur à celui du voisin) avant de relier un point d’accès à internet. Une startup de Toulouse (SIGFOX) développe et commercialise des réseaux et systèmes de communication à très faible débit (quelques octets par jours).

JOP_5Le graphique sur la gauche montre que les contraintes de coût, de consommation, de puissance de calcul et de bande passante dépendent du domaine d’application. Ces contraintes seront les défis techniques du système électronique équipant les objets connectés.

Le succès d’un objet dépend souvent de son encombrement et de sa consommation. Les progrès de la conception et de la fabrication de semi-conducteurs rendent possibles la récupération d’énergie sur le milieu ambiant (« energy harvesting » à l’aide de « Mems » ou micro-electro-mechanical-systems ) et un degré de miniaturisation extrême (3D integrated circuit).

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MEMS Micro-Electro-Mechanical-Systems

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Intégration à très haute densité (2.5D, 3D).

Quels outils de conception ?

JOP_11Le marché de la conception assistée par ordinateur de systèmes électroniques (EDA : Electronic Design Automation) comporte 3 acteurs principaux (Synopsys, Cadence, Mentor). Chaque entreprise a développé des outils dédiés à une catégorie de circuits (Analogique, Numérique) et un type d’implémentation (Circuit intégrés, Circuits imprimés).

La forte densité et l’hétérogénéité des supports (Multi Fabrics Design), intégrant en 3 dimensions des systèmes sur silicium, des mémoires, des circuits imprimés sur film ainsi que des capteurs, demandent une forte interopérabilité des outils de conception. L’efficacité et la sécurité du partage des données entre les différents flots de conception sont des critères importants de sélection d’outils.

Qui concevra et fabriquera ces objets ?

Un objet connecté contient une partie de traitement de données. Généralement implémenté sous forme de logiciels exécutés par un processeur ARM, le SOC (system on chip) pourra aussi contenir quelques circuits numériques dédiés. Ces composants du système complet sont importants mais ils sont rarement différentiants. Certains blocs peuvent être fournis par des fournisseurs d’IP (intellectual property) comme Cadence, CEVA ou Synopsys.

Ce sont souvent les blocs analogiques et électromécaniques  (energy harvesting, capteurs, étages radios) qui constituent les facteurs clés de succès d’un objet connecté. Leurs conceptions nécessitent des compétences pointues en conception analogique. La rareté de ces compétences est un frein à l’essor des entreprises du secteur.

L’ESEO a développé une forte compétence technique dans les domaines des capteurs et de la conception analogique.

Couplées à une maîtrise des techniques de conception de logiciels embarqués et de conception en électronique numérique, ces connaissances positionnent favorablement l’école dans la formation des futurs ingénieurs concepteurs d’objets de l’internet.

Conclusion

JOP_12Que vous travailliez dans une startup, dans un grand groupe,  ou dans un centre de recherches, il est aujourd’hui difficile de développer une stratégie de développement de produits sans intégrer la croissance du nouveau marché de l’internet des objets. L’informatique, l’internet, les téléphones mobiles ont assuré un marché de l’emploi porteur aux ingénieurs ESEO dans les 30 dernières années, l’internet des objets nous assure encore un avenir prometteur.

Jean-Luc TRIOULEYRE (1993)

avril 14, 2015 dans Parcours d'ESEO par Admin AESEO

JLTriouleyre

Quel est ton parcours depuis ta sortie de l’ESEO ?

 On pourra trouver mon parcours sur LinkedIn, mais il y a quelques étapes importantes:

-  le centre de recherche de CANON à Rennes durant 15 mois pour développer une première version du WIFI (développement de la couche numérique en FPGA – interaction avec une équipe RF à Tokyo).

-  En 2003, en région parisienne, je crée avec un collègue la société MND, qui développe alors des ASIC et circuits multiprocesseurs, réalisant des fonctions d’agrégation DSL (pour DSLAM) et d’encodage vidéo H264 temps réel. La concurrence est déjà rude à l’époque, et la société DxO, spécialisée dans les algorithmes d’amélioration d’images et vidéos, fait une proposition d’achat pour la société. DxO avait travaillé avec un de nos « concurrents » qui n’arrivait pas à fournir les circuits demandés par le marché. La cession se fait en Janvier 2007 et dès le mois de Mai, nous délivrons le premier circuit pour fabrication ; l’équipe vraiment performante se compose alors d’une dizaine d’ingénieurs.

Je reste chez DXO jusqu’en 2011, en évoluant vers la fonction de chargé d’affaires. J’ai le plaisir de promouvoir notre savoir-faire (solutions de traitement parallèle pour application d’auto-focus numérique, et d’Image Signal Processing (ISP)) auprès de plusieurs fabricants de smartphones aux USA et en Asie, afin qu’ils puissent proposer des photos de qualité, à partir de lentilles en plastique peu performantes mais surtout peu chères.

Depuis Octobre 2011, j’occupe une fonction similaire au sein de DOLPHIN Integration dans la région Grenobloise. Nous intervenons dans la conception de circuits ASIC/SoC sur demande pour des domaines plus variés : défense, spatial, recherche pétrolière, consumer electronics… Au-delà de l’intégration dans des circuits intégrés, la société a une compétence très spécifique autour des fonctions analogiques comme les convertisseurs analogiques-numériques très haute définition.

Ton regard sur la formation  

Je ne peux m’exprimer que sur les domaines qui me concernent.

En sortant de l’ESEO, j’avais toutes les bases nécessaires pour comprendre l’architecture système, le traitement de signal, la microélectronique, les langages… en fait tous les aspects techniques. Tout cela a évolué progressivement, sans que cela me pose de réelles difficultés. Par contre, je n’étais pas préparé aux aspects financiers et en particulier à la recherche d’investisseurs (pour MND), aux relations humaines, et plus généralement à l’ensemble des ressources nécessaires à la direction d’une entreprise. Le réseau AESEO m’a été fort utile pour mener à bien cette aventure, par de nombreuses rencontres d’ingénieurs ESEO qui ont pu me conseiller ou me mettre en relation avec les bonnes  personnes (RH, expert-comptable, cabinet d’avocats, …). Cet aspect est mieux couvert par l’enseignement aujourd’hui, me semble-t-il.

Il me parait important de souligner que le travail en équipe est indispensable lorsque l’on a des projets un peu conséquents, c’est l’occasion de toucher les problématiques d’engagement, de respect, de négociation, de valeurs… impliquant une adaptation perpétuelle aux problématiques nouvelles.

Les enjeux actuels 

Là encore je ne parlerai que de ce que je crois constater dans mon domaine.

La France et l’Europe ont laissé partir la majeure partie des capacités de fonderie Silicium hors de cette zone géographique, et en premier lieu dans le sud-est Asiatique : Taiwan, Chine, Corée, Malaisie, … Quelques fondeurs sont présents aux USA ou encore en Europe (Allemagne et Italie) mais pour des nœuds technologiques désormais un peu anciens (adaptés pour des « petits » circuits numériques ou des applications embarquant des composantes analogiques en quantité).

En France, il ne reste que ST Microelectronics (en Silicon Valley Grenobloise et à Rousset en PACA) et ALTIS (en région parisienne). J’espère vraiment qu’elles pourront rester sur le territoire français. Il ne s’agit pas de craindre quoi que ce soit de nos partenaires asiatiques, mais j’aime l’idée de pouvoir disposer d’une filière complète sur un secteur qui n’a pas fini d’envahir notre quotidien, notamment avec les objets connectés (Internet of Things - IoT).

De même, à l’instar des USA qui ont un marché protégé pour leurs PME impliquées dans le design de circuits, je souhaite que la France et plus globalement que l’Europe « protègent » la capacité à développer des circuits électroniques, où l’innovation est obligatoire pour conserver une image d’excellence.

Il semblerait par ailleurs, que les jeunes ingénieurs qui nous rejoignent aujourd’hui aient moins la fibre technique que marketing et financière. Quand j’en ai l’occasion, je leur fais la promotion des deux métiers :

  • L'ingénieur en microélectronique  : c’est incroyablement valorisant de se dire que l’on a mis quelque chose de concret à la disposition du monde (smartphones, télévision, voiture, avions, satellites, …)
  • Le commercial international : notre savoir-faire est reconnu dans le monde entier, mais quitte souvent l’hexagone. Je comprends les entrepreneurs (et autres investisseurs) qui veulent valoriser leurs investissements ; mais je crois qu’ils seraient plus disposés à faire croître leurs entreprises s’ils étaient capables d’attaquer des marchés étrangers plus rapidement et profitablement. Je n’insisterai pas sur les difficultés du financement, le montant des charges… Etre commercial, chargé d’affaires avec la technicité que nous possédons, avec des prospects et clients à travers le monde est vraiment un travail passionnant.

Enfin, dans notre économie mondialisée contrainte par les bas coûts des pays émergents, seul l’engagement des personnes peut faire une différence pour les entreprises : engagement pour la qualité, les délais, le service rendu… J’ai parfois (mon grand âge sûrement…) des doutes sur l’adhésion de nos contemporains et des jeunes générations sur ces valeurs. Le « à peu près » et le « bien suffisant » me semblent gagner du terrain dans le travail alors qu’en tant que consommateur nous sommes toujours plus exigeants.

Guillaume Garnier (2008)

avril 10, 2015 dans Informatique gestion par Danièle PANHELLEUX

fed_20L4Il est de ces nombreux ESEO, discrets, dont le travail impacte la vie quotidienne d'un grand nombre d'entre nous parce que l'informatique et l'électronique sont partout ou presque.

Sachez qu'une partie de votre argent est passé par le système "moyens de paiement" du Crédit Agricole dont Guillaume partage la charge. Après une expérience à l'étranger chez Thales (flux de données avioniques) et un passage par la finance (salle de marché, BFI, Hedge Fund..), il a intégré l'équipe d'Isabelle André - ESEO 1987, qui l'a recruté sans favoritisme mais avec bienveillance.

La connaissance de nombreuses technologies est absolument nécessaire et il pense avoir été formé tout à fait correctement sur ces sujets mais il lui a fallu apprendre le "fonctionnel" pour maîtriser la relation entre processus métier (carte bleue, chèque) et technique.10