Jean-Luc ISSLER (1988)

janvier 10, 2017 dans Parcours d'ESEO par Danièle PANHELLEUX

 

  Jean-Luc Issler (D’Arsonval, 1988)

Toujours en mouvement est l’avenir !

Carrière :

Embauché au Centre National d’Etudes Spatiales à Toulouse en 1990, après une spécialisation d’un an en techniques de transmissions spatiales puis le service national scientifique du contingent. Mes premières années au CNES furent consacrées aux moyens de radionavigation de l’avion spatial Hermès. Après l’abondons de ce projet, je me consacrai  à l’étude, spécification et approvisionnement du premier récepteur GPS spatial français (qui a donné lieu à un emport sur plus de 100 satellites) et à la définition des émetteurs/récepteurs du Complément Européen à GPS, le prototype du système de navigation régional Européen EGNOS. Mon chef était André Ribes (ESEO 1966), dont la compétence technique et la rigueur furent formatrices et décisives.

Après avoir créé le laboratoire de RadioNavigation du CNES, je fus nommé chef du département RadioNavigation en 1996 : en route pour de nouvelles aventures spatiales, avec le début de la définition de signaux de navigation par satellite, jusqu’à ceux de GALILEO avec notamment 2 collègues du CNES.

Je fus nommé chef du service Techniques de Transmission et de Traitement du Signal début 2004, dans le domaine de l’interface-air des télécommunications spatiales, des nouvelles télémesures et télécommandes des satellites, de la radionavigation et de la propagation des signaux entre la terre et l’espace. La même année, je reçus le prix de l’Astronautique de l’Association Aéronautique et Astronautique de France. Les « faits d’armes » de ce service furent par exemple une expérience de lien radiofréquence métrologique pour satellites volant en formation, l’intégration jusqu’aux premières opérations du lien inter-satellite entre la sonde spatiale ROSETTA et l’atterrisseur PHILAE qui s’est posé sur la comète « Tchourioumov-Guerassimenko », le perfectionnement des récepteurs GNSS orbitaux et des équipements de transmission spatiale, et la normalisation de modèles de propagation spatiale à l’Union Internationale de Télécommunications.

J’ai eu l’honneur de me voir décerné le prix Science et Ingénierie Aéronautique et Spatiale par l’Académie des Sciences en 2008, et fut nommé l’année suivante chef d’un nouveau service, « Instrumentation, Télémesure & télécommande et Propagation », avec moins de radionavigation et plus de surveillance du spectre et de télémesure et télécommande. Nous y avons notamment standardisé au niveau mondial la télémesure spatiale réutilisant le format DVB-S2 issu des télécommunications, et réalisé des transmissions spatiales optiques par laser entre un satellite japonais et une station sol optique de l’Observatoire de la Cote d’Azur, où j’avais réalisé mon stage de deuxième année d’ingénieur ESEO il y a près de 30 ans ! Il s’agissait aussi de manager des équipes approvisionnant et recettant en orbite des équipements de transmission pour satellite, on ne peut plus critiques pour les missions spatiales, et toujours de préparer l’avenir avec des nouvelles générations d’équipements radiofréquence spatiaux tant pour les nanosatellites, les microsatellites et les gros satellites d’observation, que pour des nouveaux modèles de propagation toujours plus performants.

Ce volet m’a valu d’être désigné en 2010 parmi les « 1000 chercheurs qui parlent d’avenir ».

A partir de début 2017, je serai à la sous-direction RadioFréquence du CNES en charge des coopérations techniques internationales, de la veille technique, de la normalisation en techniques spatiales radiofréquences et de nombreux dossiers techniques ! L’aventure spatiale continue !

  • Ce que vous aimez dans votre job

Le coté pionnier, l’interdisciplinarité, le management de collègues à forte technicité, la participation aux orientations techniques de l’entreprise, l’aventure humaine et le dialogue permanant, les lancements à Kourou, … 

  • Pourquoi ce choix

L’aventure spatiale m’a toujours passionné. Les techniques, technologies, l’état d’esprit enseignés à l’ESEO mais aussi les « clubs étudiants » permettent d’accéder à de nombreux domaines de pointe comme le spatial à l’état « d’aventure ». Le Club Aérospatial de l’Ouest (CAO) de l’ESEO,  que j’ai fondé,  et le « tour de France spatial » du   « Prix des 25 ans du CNES » pendant la deuxième année d’ingénieur, m’ont définitivement convaincu !

Avez-vous quelque chose à dire aux jeunes ingénieurs, aux étudiants ESEO

  • Travaillez dur pour réussir vos études ; votre bonheur devrait s’améliorer !
  • Pensez avant tout à votre bonheur personnel ; les satisfactions professionnelles en seront facilitées.
  • Respectez sans cesse vos collègues, leurs attributions et votre entreprise ; partagez vraiment les informations non confidentielles ; travaillez en équipe ; soyez ouvert au monde ; gardez une certaine humilité ; recherchez sans cesse pour des produits le meilleur rapport qualité/prix avec un risque raisonnable ; sachez trouver l’information plutôt que de retravailler à ce qui existe déjà ; innovez ; profitez de l’expérience de vos échecs ; prenez du recul et soyez positifs  : vous aiderez ainsi votre entreprise et vous-même à s’épanouir.
  • L’ESEO est une chance !

Souvenirs de l’ESEO, du BDE, des clubs…. 

- La vie à l’ESEO fut riche ! Des amitiés vraies et  durables,  le Breihz BDE (le plus beau !),  le club radioamateur, les nuits du club astronomie, les lancements de fusées au Lac de Maine avec le CAO, et plus récemment la satisfaction de voir des étudiants ESEO gagner le concours annuel du CNES pour faire voler des expériences en impesanteur dans l’Airbus 0 G (à refaire !)